La durée totale du congé paternité est de 25 jours calendaires en cas de naissance simple et de 32 jours en cas de naissances multiples, auxquels s’ajoutent les 3 jours de congé de naissance à la charge de l’employeur (articles L. 1225-35 et suivants du Code du travail). Ces durées s’appliquent depuis le décret n° 2021-574 du 10 mai 2021 et restent en vigueur en 2026.
Vous attendez un enfant et vous cherchez à savoir combien de jours vous pouvez poser, quand les prendre, et comment prévenir votre employeur sans perdre vos droits. Le sujet paraît simple mais il combine trois textes différents, un délai de prévenance strict et une part obligatoire que vous ne pouvez pas refuser.
Voici la décomposition exacte des jours, les règles de fractionnement, le calcul des indemnités journalières et les démarches à effectuer avant et après la naissance.
🔑 Points clés
- ✓Durée totale : 25 jours (naissance simple) ou 32 jours (naissances multiples), congé de naissance de 3 jours inclus
- ✓Période obligatoire : 3 jours de naissance + 4 jours immédiatement après, avec interdiction d’emploi
- ✓Prévenir l’employeur au moins 1 mois avant la date prévue d’accouchement
- ✓Fractionnement possible en 3 périodes maximum, à épuiser dans les 6 mois suivant la naissance
Sommaire
Quelle est la durée du congé paternité en 2025-2026 ?
Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant fonctionne en deux temps distincts. D’abord, un congé de naissance de 3 jours payé par l’employeur (article L. 3142-4 du Code du travail). Ensuite, le congé paternité lui-même, de 25 jours calendaires en cas de naissance simple ou 32 jours pour des naissances multiples, indemnisé par la Sécurité sociale. Au final, un père peut s’absenter 28 jours (naissance simple) ou 35 jours (naissances multiples), samedis et dimanches compris. Le décret n° 2021-574 du 10 mai 2021 a porté cette durée au double du dispositif précédent.
Les 3 jours de congé de naissance : point de départ obligatoire
Le congé de naissance de 3 jours ouvrables s’impose au salarié dès la naissance de l’enfant. Il est rémunéré intégralement par l’employeur, sans condition d’ancienneté, et ne peut pas être refusé. Ces 3 jours doivent être posés soit le jour de la naissance, soit le premier jour ouvrable qui suit.
Les 7 jours obligatoires : interdiction d’emploi immédiate
Immédiatement après le congé de naissance, le salarié doit prendre une période obligatoire de 4 jours calendaires de congé paternité. Combinée aux 3 jours de naissance, cela forme un bloc initial de 7 jours consécutifs pendant lesquels l’employeur ne peut pas faire travailler le salarié (article L. 1225-35 du Code du travail). Cette interdiction d’emploi est sanctionnée pénalement.
Cas concret : Thomas, 33 ans, chef de projet en CDI à Nantes, salaire brut de 2 800 €/mois. Sa fille naît le 10 mars 2026. Il pose ses 3 jours de naissance puis les 4 jours obligatoires (bloc de 7 jours). Il fractionne ensuite ses 21 jours facultatifs en deux blocs de 10 et 11 jours, à épuiser avant le 10 septembre 2026.
Les jours facultatifs : 21 ou 28 jours selon le nombre d’enfants
Après la période obligatoire, le salarié dispose d’une seconde période de 21 jours en cas de naissance simple, portée à 28 jours en cas de naissances multiples (jumeaux, triplés ou plus). Cette part est facultative, le salarié peut y renoncer, mais elle est indemnisée par la CPAM (caisse primaire d’assurance maladie) s’il la prend. C’est également cette part qui peut être fractionnée.

| Type de naissance | Congé naissance (employeur) | Part obligatoire (CPAM) | Part facultative (CPAM) | Total |
|---|---|---|---|---|
| Naissance simple | 3 jours | 4 jours | 21 jours | 28 jours |
| Naissances multiples | 3 jours | 4 jours | 28 jours | 35 jours |
(Source : décomposition officielle service-public.gouv.fr, 2026)
Comment le salarié doit-il prendre son congé paternité ?
Vous devez informer votre employeur au moins 1 mois avant la date prévisionnelle d’accouchement (article D. 1225-8 du Code du travail). Cette notification doit préciser quand vous souhaitez débuter la partie facultative et pour combien de temps. Si vous ne respectez pas ce délai, l’employeur peut refuser la date choisie, mais jamais le congé lui-même. Parmi les demandes reçues via Conseil Avocat Gratuit, une confusion revient souvent : le congé paternité ne démarre pas forcément le jour de la naissance, il lui suffit de commencer dans les 6 mois qui suivent.
Prévenir l’employeur : délai et formalités
La notification s’effectue par tout moyen conférant date certaine. En pratique, la lettre recommandée avec accusé de réception ou la remise en main propre contre décharge restent les seules preuves fiables. Un email peut suffire si l’employeur en accuse réception explicitement. La lettre recommandée en version électronique a la même valeur juridique que la version papier depuis 2018.
Erreur fréquente : envoyer une simple demande orale à son manager. Sans trace écrite, en cas de litige sur la date choisie, le salarié ne peut prouver ni la demande ni le respect du délai d’un mois.
Fractionnement : jusqu’à 3 périodes en 6 mois après la naissance
Depuis 2021, la partie facultative (21 ou 28 jours) peut être fractionnée en 2 périodes maximum, chacune d’au moins 5 jours. En comptant la période obligatoire de 4 jours, le congé paternité peut donc être découpé en 3 blocs distincts. L’ensemble doit être pris dans les 6 mois calendaires suivant la naissance, faute de quoi les jours restants sont perdus.

Cas particuliers : naissance prématurée, hospitalisation, décès à la naissance
En cas d’hospitalisation de l’enfant immédiatement après la naissance, un congé supplémentaire de 30 jours consécutifs maximum s’ajoute, pendant toute la durée de l’hospitalisation en unité de soins spécialisée (article L. 1225-35 du Code du travail). Ce congé est également indemnisé par la CPAM.
En cas de décès de l’enfant à la naissance, le droit au congé paternité est intégralement maintenu. C’est un point souvent ignoré : le salarié conserve ses 25 ou 32 jours, quelle que soit l’issue médicale, y compris si l’enfant naît sans vie après 22 semaines d’aménorrhée. Cette règle vise à protéger le temps de deuil et l’accompagnement du second parent.
Quelle indemnisation pendant le congé paternité ?
Pendant la période obligatoire comme pendant la période facultative, vous recevez des indemnités journalières versées directement par la CPAM, calculées sur la base de votre salaire journalier des 3 derniers mois avant le congé (calcul détaillé sur le site ameli.fr). Votre contrat de travail est suspendu, mais vos droits liés à l’ancienneté et aux congés payés continuent de s’accumuler. Seuls les 3 jours de congé de naissance demeurent à la charge de l’employeur.
Conditions pour bénéficier des indemnités journalières
Pour ouvrir droit aux indemnités, le salarié doit justifier d’au moins 10 mois d’affiliation à la Sécurité sociale à la date de début du congé (article L. 331-8 du Code de la sécurité sociale). Il doit également avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois précédents, ou cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le SMIC horaire sur les 6 mois précédents.
Calcul du montant : salaire journalier de base et plafond 2026
L’indemnité journalière correspond au salaire journalier de base, calculé sur la moyenne des 3 derniers salaires bruts divisée par 91,25. Ce salaire journalier est plafonné au plafond mensuel de la Sécurité sociale divisé par 30,42. En 2026, l’indemnité journalière maximale se situe autour de 101 € brut/jour. Un forfait de 21 % (CSG-CRDS) est ensuite retenu pour obtenir le net versé.
Exemple concret : Thomas gagne 2 800 € brut/mois. Voici le calcul de son indemnité pour ses 25 jours de congé paternité.
Salaire journalier de base :
- 2 800 € × 3 mois = 8 400 € (total 3 mois)
- 8 400 € ÷ 91,25 jours
- = 92,05 € brut/jour
Indemnité totale sur 25 jours :
- 92,05 € × 25 jours = 2 301 € brut
- Après CSG-CRDS (21 %)
- ≈ 1 818 € net versés par la CPAM
Maintien de salaire par l’employeur : ce que prévoit la convention collective
De nombreuses conventions collectives (Syntec, banque, assurance, métallurgie) prévoient un maintien intégral du salaire pendant tout ou partie du congé paternité, l’employeur versant alors le complément entre l’indemnité CPAM et le salaire habituel. La subrogation permet à l’employeur de percevoir directement les indemnités à la place du salarié. Il faut vérifier votre convention collective, la mention figure généralement au chapitre « suspension du contrat » ou « parentalité ».

Congé paternité et congé parental : quelles différences ?
Le congé paternité et le congé parental d’éducation ne sont pas la même chose, et beaucoup de futurs pères les mélangent. Le premier dure peu de temps (25 à 32 jours), il est indemnisé par la Sécurité sociale à hauteur du salaire, et son but est d’accueillir l’enfant. Le second peut aller jusqu’aux 3 ans de l’enfant, il s’ouvre aux deux parents après 1 an d’ancienneté, mais ne se rémunère que via la PreParE (prestation partagée d’éducation de l’enfant) versée par la CAF, avec un montant plafond d’environ 448 € par mois à taux plein en 2026. L’écart financier entre les deux est important.
| Critère | Congé paternité | Congé parental d’éducation |
|---|---|---|
| Durée maximale | 25 ou 32 jours | Jusqu’aux 3 ans de l’enfant |
| Ancienneté requise | Aucune | 1 an minimum |
| Indemnisation | CPAM, jusqu’à ~101 €/jour | PreParE CAF, ~448 €/mois |
| Délai de prévenance | 1 mois | 1 à 2 mois selon les cas |
| Refus de l’employeur | Impossible | Impossible |
Un père peut cumuler les deux dispositifs : d’abord ses 25 jours de congé paternité dans les 6 mois suivant la naissance, puis un congé parental à temps plein ou partiel jusqu’aux 3 ans de l’enfant. Ce cumul est souvent la solution la plus protectrice pour les familles souhaitant un temps parental long sans démissionner. Les jours supplémentaires liés aux enfants à charge prévus par certaines conventions peuvent également s’y ajouter.

⚠️ Information importante : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision.
Questions fréquentes
Comment prendre les 28 jours de congé paternité ?
Les 28 jours (3 jours de congé de naissance + 25 jours de congé paternité) se prennent en commençant impérativement par le bloc obligatoire de 7 jours immédiatement après la naissance : les 3 jours de naissance suivis des 4 jours obligatoires de congé paternité. Les 21 jours restants peuvent être fractionnés en 2 périodes de 5 jours minimum chacune, à épuiser dans les 6 mois suivant la naissance. Il faut prévenir l’employeur au moins 1 mois avant la date souhaitée par courrier recommandé, puis déclarer le congé sur ameli.fr pour déclencher les indemnités journalières.
Quelle est la durée du congé paternité ?
La durée du congé paternité est de 25 jours calendaires pour une naissance simple et de 32 jours pour des naissances multiples, samedis et dimanches compris (article L. 1225-35 du Code du travail). En ajoutant les 3 jours de congé de naissance à la charge de l’employeur, le père peut s’absenter jusqu’à 28 ou 35 jours au total. La partie obligatoire dure 7 jours (3 jours de naissance + 4 jours de paternité) pendant lesquels l’employeur ne peut pas faire travailler le salarié, sous peine de sanctions pénales.
Quelle est la durée d’un congé parental pour un papa ?
Un père peut prendre un congé parental d’éducation jusqu’aux 3 ans de l’enfant, à condition d’avoir au moins 1 an d’ancienneté à la date de naissance (article L. 1225-47 du Code du travail). Ce congé est distinct du congé paternité : il est plus long mais bien moins rémunéré, la PreParE versée par la CAF plafonnant à environ 448 € par mois à taux plein en 2026. Le congé parental peut être pris à temps plein, à temps partiel (au moins 16 heures/semaine), et son renouvellement se demande 1 mois avant chaque échéance.
Quelles sont les modalités du congé paternité en 2026 ?
En 2026, le régime reste celui du décret du 10 mai 2021 : 25 ou 32 jours indemnisés par la CPAM, précédés de 3 jours de congé de naissance payés par l’employeur. Le salarié doit prévenir son employeur 1 mois avant la date prévisionnelle d’accouchement, débuter obligatoirement le congé par un bloc de 7 jours (dont 4 non travaillés obligatoires), et peut fractionner le solde en 2 périodes de 5 jours minimum à épuiser dans les 6 mois post-naissance. Aucune ancienneté n’est requise pour ouvrir le droit, mais 10 mois d’affiliation à la Sécurité sociale sont nécessaires pour percevoir les indemnités journalières.
L’employeur peut-il refuser le congé paternité ?
Non, l’employeur ne peut jamais refuser le congé paternité lui-même. Il peut uniquement contester la date choisie si le délai de prévenance d’1 mois n’est pas respecté, ou proposer un aménagement du fractionnement si l’organisation du service le justifie. Tout refus abusif ou toute pression pour renoncer au congé constitue un manquement pouvant ouvrir droit à des dommages et intérêts devant le conseil de prud’hommes. Le salarié est également protégé contre le licenciement pendant les 10 semaines qui suivent la naissance, sauf faute grave sans lien avec la parentalité (article L. 1225-4-1 du Code du travail).
Ce qu’il faut faire dès aujourd’hui
Envoyez à votre employeur un courrier de notification (recommandé avec accusé de réception ou remis en main propre contre décharge) indiquant la date prévisionnelle d’accouchement, la date de début que vous choisissez pour votre congé paternité et, si vous le fragmentez, le calendrier de vos périodes. Ce courrier doit partir au minimum 1 mois avant la date prévue.
Dès la naissance, transmettez à votre CPAM la copie intégrale de l’acte de naissance de l’enfant via votre compte ameli.fr, et déclarez votre arrêt pour déclencher le versement des indemnités journalières. Conservez précieusement l’accusé de réception de votre notification employeur : c’est votre seule preuve en cas de litige sur la date de départ du congé.


























