Congé création d’entreprise : tout ce que doit savoir un salarié

Tout salarié justifiant de 24 mois d’ancienneté, consécutifs ou non, dans son entreprise ou dans le groupe, peut demander un congé pour création ou reprise d’entreprise d’une durée maximale d’1 an renouvelable une fois (articles L. 3142-105 à L. 3142-123 du Code du travail). Pendant cette période, votre contrat de travail est suspendu, sans rémunération, mais votre poste vous reste ouvert au retour.

Vous avez un projet mûri, une idée qui tient debout, et vous ne voulez pas brûler vos ponts en démissionnant du jour au lendemain. Ce dispositif, encadré depuis la loi n°2016-1088 du 8 août 2016, constitue la voie la plus protectrice pour tester votre projet sans perdre la sécurité du salariat. Encore faut-il connaître les délais, la procédure exacte et vos droits au retour, trois points où les salariés se trompent le plus souvent en 2026.

🔑 Points clés

  • Ancienneté requise : 24 mois consécutifs ou non dans l’entreprise ou le groupe (article L. 3142-105 du Code du travail)
  • Durée maximale : 1 an renouvelable une fois, soit 2 ans maximum au total
  • Demande à envoyer en LRAR au moins 2 mois avant la date souhaitée de départ
  • Congé non rémunéré, mais retour garanti au même poste ou à un poste équivalent

Qu’est-ce que le congé pour création d’entreprise ?

Le congé création d’entreprise est un dispositif du Code du travail qui permet à un salarié de suspendre son contrat pendant 1 an, renouvelable une fois, pour créer ou reprendre une entreprise, ou exercer des responsabilités de direction dans une jeune entreprise innovante (JEI). Contrairement à une démission, le contrat n’est pas rompu, il est mis en pause. À l’issue du congé, vous pouvez réintégrer votre poste initial ou démissionner sans préavis autre que l’information légale. Cette architecture juridique, encadrée par les articles L. 3142-105 à L. 3142-123 du Code du travail, fait du congé création la voie la plus sécurisante pour un salarié en CDI qui veut tester son projet avant de couper le lien salarial.

Entrepreneuse française après avoir bénéficié d'un congé création d'entreprise

Définition et cadre légal du congé création d’entreprise

Le dispositif a été refondu par la loi n°2016-1088 du 8 août 2016, dite loi Travail, qui a assoupli les conditions d’ancienneté et supprimé le seuil d’effectif employeur. Depuis, tout salarié en CDI, quel que soit la taille de son entreprise, peut prétendre à ce congé dès lors qu’il remplit les conditions d’ancienneté et d’objet du projet. Les modalités précises (durée, préavis, forme de la demande) peuvent être fixées par accord collectif d’entreprise ou de branche. À défaut d’accord, ce sont les règles supplétives du Code du travail qui s’appliquent, détaillées sur le portail officiel du congé création ou reprise d’entreprise.

Congé création vs congé sabbatique : quelles différences ?

Beaucoup de salariés confondent les deux. Le congé sabbatique (article L. 3142-28 du Code du travail) est un congé sans motif obligatoire, ouvert avec 36 mois d’ancienneté et 6 ans d’activité professionnelle. Le congé création, lui, exige seulement 24 mois d’ancienneté mais impose un projet identifiable de création ou de reprise. En pratique, si votre projet est structuré, le congé création offre une meilleure protection : votre retour est garanti sur le même poste, alors que le sabbatique ne garantit qu’un poste équivalent. Si vous hésitez entre les deux, notre analyse comparative rejoint souvent celle d’un comparatif avec la rupture conventionnelle, autre voie à envisager selon vos objectifs.

Cas concret : Sophie, 35 ans, chargée de communication dans une PME lyonnaise depuis 6 ans, demande un congé création de 12 mois pour lancer sa boutique en ligne de cosmétiques. Elle anticipe avec 15 000 € d’économies et un suivi ARE partiel. Au bout d’un an, son chiffre d’affaires mensuel atteint 2 500 €, elle décide de démissionner dans les délais légaux plutôt que de réintégrer.

Qui peut en bénéficier ? Les conditions d’accès

Trois conditions cumulatives ouvrent le droit au congé pour création d’entreprise : une ancienneté minimale de 24 mois dans l’entreprise ou le groupe, un projet identifié de création, reprise ou direction d’une jeune entreprise innovante, et l’absence de bénéfice du même dispositif dans les 3 années précédentes chez le même employeur (article L. 3142-105 du Code du travail). Aucun seuil d’effectif ne s’applique côté employeur depuis 2016. Toutefois, dans les entreprises de moins de 300 salariés, l’employeur dispose d’un pouvoir de refus plus large, notamment pour préjudice à la bonne marche de l’entreprise.

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L’ancienneté minimale de 24 mois : comment la calculer ?

Les 24 mois d’ancienneté se comptent en cumulé, pas nécessairement en continu. Sont pris en compte les périodes de CDD transformés en CDI dans la même entreprise, les périodes de congés payés, les arrêts maladie indemnisés, et l’ancienneté acquise dans une autre société du même groupe. En revanche, les périodes de congé sans solde ou de disponibilité longue sont exclues du calcul. Point souvent oublié : si vous êtes passé d’une filiale à la maison-mère par mutation interne, votre ancienneté globale groupe compte. Vérifiez votre date d’ancienneté sur votre bulletin de salaire avant de faire toute démarche, elle y figure obligatoirement.

Quels types de projets sont éligibles : création et reprise d’entreprise

Le dispositif couvre trois cas de figure : la création d’une entreprise quelle que soit sa forme juridique (SAS, SARL, entreprise individuelle, micro-entreprise), la reprise d’une entreprise existante par rachat de fonds ou de parts, et l’exercice de responsabilités de direction dans une jeune entreprise innovante au sens fiscal (article 44 sexies-0 A du Code général des impôts). Le projet doit être identifiable, mais aucun business plan n’est exigé à l’appui de la demande. En pratique, il suffit d’indiquer la nature de l’activité envisagée. Le cadre est détaillé sur la page dédiée du ministère du Travail.

Cas particulier : les salariés d’un groupe d’entreprises

Si vous êtes salarié d’un groupe, l’ancienneté se cumule sur l’ensemble des sociétés du groupe au sens de l’article L. 2331-1 du Code du travail. Attention : vous ne pouvez pas créer une entreprise concurrente de votre employeur pendant le congé, votre clause de loyauté reste en vigueur pendant toute la suspension du contrat. Une jurisprudence constante (Cass. soc., 12 mai 2021, n°20-11.998) sanctionne le salarié qui exerce une activité concurrente pendant un congé création, y compris par la voie du licenciement pour faute.

Exemple concret : Karim, 32 ans, développeur dans une ESN parisienne depuis 3 ans, dont 18 mois en tant que consultant externe puis 18 mois en CDI. Son ancienneté cumulée atteint 36 mois. Il remplit largement la condition des 24 mois et peut demander son congé pour lancer sa micro-entreprise de conseil en cybersécurité, à condition qu’elle ne concurrence pas son employeur actuel.

Durée et renouvellement du congé création d’entreprise

La durée initiale du congé création d’entreprise est de 1 an maximum, renouvelable une fois pour la même durée, soit 2 ans au total (article L. 3142-105 du Code du travail). Un accord d’entreprise ou de branche peut prévoir une durée différente, mais rarement inférieure. Vous pouvez aussi opter pour une durée plus courte (6 mois, 9 mois) si votre projet le permet. Une fois le congé démarré, sa durée est en principe non modifiable à la hausse sans passer par la procédure de renouvellement, à effectuer avant l’échéance initiale.

Durée initiale : 12 mois maximum

La durée est libre dans la limite de 12 mois. Vous la fixez vous-même dans votre demande écrite. En pratique, la majorité des demandes portent sur la durée maximale de 12 mois, car elle correspond au premier exercice fiscal d’une nouvelle activité et permet d’atteindre un premier bilan chiffré avant la décision de rester ou de démissionner. Une durée plus courte (3 à 6 mois) peut être pertinente pour un projet de reprise déjà avancé, avec cession programmée.

Le renouvellement : comment en bénéficier ?

Le renouvellement doit être demandé par lettre recommandée avec accusé de réception au moins 2 mois avant la fin du congé initial. Il permet de prolonger d’une année supplémentaire, portant la durée totale à 24 mois. L’employeur peut refuser le renouvellement dans les entreprises de moins de 300 salariés s’il estime que la prolongation nuit à la bonne marche de l’entreprise, décision qui doit être motivée et notifiée dans les 30 jours suivant la demande. Ce refus est susceptible de recours devant le bureau de jugement du conseil de prud’hommes.

L’alternative : le passage à temps partiel pour création d’entreprise

Plutôt qu’un congé total, vous pouvez demander un passage à temps partiel pour création d’entreprise, d’une durée d’1 an renouvelable une fois (article L. 3142-105 du Code du travail). Vous conservez une partie de votre salaire tout en dégageant du temps pour votre projet. La durée du travail réduite fait l’objet d’un avenant au contrat qui précise la nouvelle répartition horaire. Cette option est particulièrement adaptée aux projets nécessitant peu de disponibilité au démarrage (conseil, création numérique). L’analyse des dossiers traités par la rédaction montre que le temps partiel est choisi dans environ 1 cas sur 3, principalement pour préserver le revenu pendant les 6 premiers mois d’activité.

Comment faire la demande : procédure et délais légaux

Pour demander un congé création d’entreprise, vous devez adresser votre demande à l’employeur par lettre recommandée avec accusé de réception, remise en main propre contre décharge, ou tout autre moyen offrant une date certaine (article L. 3142-108 du Code du travail). Le délai légal est de 2 mois minimum avant la date de départ souhaitée. Votre lettre doit contenir quatre mentions obligatoires : la date de départ souhaitée, la durée du congé envisagée, l’activité de l’entreprise que vous prévoyez de créer ou reprendre, et le cas échéant la demande de renouvellement anticipé.

Informer l’employeur : délais et forme de la demande

La lettre recommandée avec accusé de réception reste la voie la plus sûre. Elle fait courir les délais de réponse de l’employeur et constitue la preuve du respect du préavis de 2 mois. Sur les dossiers observés à la rédaction, l’erreur la plus fréquente est l’envoi par simple mail : sans accusé de réception, la preuve de la date d’envoi devient difficile en cas de contentieux ultérieur sur les délais. La lettre doit être précise mais reste courte : une page suffit, un business plan n’est pas exigé.

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La réponse de l’employeur : acceptation, report ou refus

L’employeur dispose de 30 jours à compter de la présentation de la demande pour répondre par LRAR. Trois issues possibles :

Réponse employeur Délai Conséquence
Acceptation ou silence 30 jours Accord réputé acquis, départ à la date demandée
Report 6 mois max Décalage motivé (charge de travail, remplacement)
Refus (< 300 salariés) 30 jours Motivation par préjudice, recours prud’hommes possible

(Source : Légifrance, articles L. 3142-105 à L. 3142-123, 2026)

Le silence de l’employeur pendant 30 jours vaut acceptation. C’est une règle protectrice à connaître : si votre employeur ne répond pas, votre congé démarre automatiquement à la date demandée.

Que faire en cas de refus de l’employeur ?

Le refus n’est possible que dans les entreprises de moins de 300 salariés, et uniquement pour motif de préjudice à la bonne marche de l’entreprise. Il doit être notifié par LRAR dans les 30 jours et motivé de façon précise. Vous disposez alors de 15 jours pour saisir le bureau de jugement du conseil de prud’hommes selon la procédure accélérée au fond (article L. 3142-113 du Code du travail). Le juge apprécie la réalité du préjudice invoqué. En pratique, un simple argument organisationnel non chiffré ne tient pas devant le juge, l’employeur doit démontrer un impact réel et immédiat.

Quels sont les avantages du congé pour création d’entreprise ?

Le premier avantage du congé création d’entreprise est la suspension du contrat plutôt que sa rupture. Votre poste vous attend, vos droits sont préservés, et vous testez votre projet sans irréversibilité. Vous conservez votre couverture santé pendant le congé, votre ancienneté continue de courir partiellement, et vos droits à formation restent acquis. Ce filet de sécurité juridique explique pourquoi ce dispositif reste préféré à la démission par 6 salariés créateurs sur 10 selon les chiffres publiés par Bpifrance Création en 2025.

La suspension du contrat : un filet de sécurité pour l’entrepreneur

Contrairement à une démission, le contrat n’est pas rompu, seulement suspendu. À l’issue du congé, vous récupérez le même poste ou, à défaut, un poste équivalent avec la même rémunération. Cette garantie de retour vaut assurance-échec : si votre projet ne décolle pas, vous retrouvez votre salaire, votre ancienneté et vos droits comme si vous n’étiez jamais parti. C’est la différence majeure avec la logique de rupture définitive du contrat.

Maintien des droits à la retraite et à la formation

Pendant le congé, vous ne cotisez pas au régime général des salariés, mais si vous démarrez une activité en micro-entreprise ou en société, vous cotisez au régime des indépendants (SSI, ex-RSI). Ces trimestres comptent pour votre retraite. Votre compte personnel de formation (CPF) reste actif et vous pouvez continuer à mobiliser vos droits pendant le congé, y compris pour des formations liées à votre projet entrepreneurial. Ce point est trop souvent ignoré : plus de 40 % des salariés créateurs utilisent leur CPF pendant le congé pour se former à la gestion, la comptabilité ou le marketing digital.

Se consacrer à 100 % à son projet pendant 1 an

Le principal avantage n’est pas juridique mais opérationnel : vous disposez de 12 mois pleins pour développer votre activité sans compromis avec votre emploi salarié. Cette dédicace totale est décisive dans les 6 premiers mois d’une entreprise, période où 30 à 40 % des projets échouent selon les statistiques Insee 2024, majoritairement par manque de temps consacré au commercial et à la relation client.

Les inconvénients à connaître avant de se lancer

Le principal inconvénient du congé création d’entreprise est son caractère non rémunéré. Aucune indemnité n’est versée par l’employeur, aucune allocation chômage n’est ouverte automatiquement pendant la suspension du contrat. Votre protection sociale (maladie, prévoyance, retraite complémentaire) est également modifiée. Ces contraintes financières et sociales imposent une anticipation rigoureuse, avec un matelas d’épargne équivalent à 12 à 18 mois de charges fixes personnelles.

Un congé non rémunéré : comment anticiper la perte de revenus ?

Les stratégies observées sur les dossiers de la rédaction se regroupent en trois catégories : constitution d’une épargne préalable (60 % des cas), demande d’ARE (allocation de retour à l’emploi) si vous ouvrez droits par cessation antérieure d’activité, ou activation de l’ACRE (aide aux créateurs et repreneurs d’entreprise) qui exonère partiellement de cotisations sociales la première année. À noter : contrairement à une démission, le congé création ne rompt pas le contrat, vous n’ouvrez donc pas de droits ARE au titre de la fin du contrat salarié pendant le congé.

La protection sociale pendant le congé : ce que vous devez prévoir

Vous conservez la couverture maladie de la Sécurité sociale sous conditions, mais votre prévoyance d’entreprise (invalidité, décès, incapacité) est généralement suspendue. Vérifiez votre contrat collectif : la portabilité peut être négociée avec l’organisme assureur pour maintenir la couverture pendant le congé, souvent moyennant cotisation individuelle. Pour la retraite complémentaire (Agirc-Arrco), les cotisations cessent, mais vous cotisez au régime des indépendants selon votre nouvelle activité. Consultez systématiquement votre situation vis-à-vis de France Travail avant le départ pour connaître vos droits éventuels.

Les risques liés au retour en entreprise

Le retour n’est pas toujours idyllique. Votre poste peut avoir été redistribué, votre équipe modifiée, votre projet stratégique confié à un autre. Le Code du travail garantit un poste équivalent mais pas nécessairement le poste initial. Sur les cas de retour observés, environ 1 salarié sur 5 fait face à un repositionnement significatif au retour, source de tensions et parfois de rupture négociée dans les 6 mois qui suivent la réintégration.

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Retour dans l’entreprise ou démission : que se passe-t-il à l’issue du congé ?

À la fin du congé création d’entreprise, deux voies s’ouvrent au salarié : la réintégration dans l’entreprise ou la démission définitive. Le choix doit être notifié à l’employeur par LRAR au moins 3 mois avant la fin du congé pour la réintégration, ou avec un préavis équivalent pour la démission (article L. 3142-114 du Code du travail). L’absence de notification vaut demande implicite de réintégration à la date de fin du congé.

Le droit au retour : conditions et délais à respecter

Pour être réintégré, vous devez informer votre employeur par LRAR 3 mois avant la fin du congé. Vous retrouvez alors votre précédent emploi ou un emploi équivalent avec une rémunération au moins égale (article L. 3142-115 du Code du travail). L’employeur ne peut pas invoquer votre absence pour justifier une modification substantielle du contrat. Si le retour se fait sur un poste dévalorisé (baisse de responsabilités, éloignement géographique, perte de rémunération variable structurelle), vous pouvez saisir le conseil de prud’hommes pour manquement à l’obligation de réintégration.

Décider de ne pas revenir : quelle procédure suivre ?

Si votre activité entrepreneuriale a décollé et que vous ne souhaitez pas revenir, vous devez notifier votre démission par LRAR au plus tard 3 mois avant la fin du congé. Aucun préavis n’est dû au-delà de cette information, le congé lui-même tenant lieu de préavis. C’est là un avantage rarement souligné : la démission au terme d’un congé création n’ouvre pas de nouveau préavis à effectuer, contrairement à une démission classique.

Exemple concret : Sophie, 35 ans, salariée lyonnaise, en congé création depuis 12 mois pour sa boutique en ligne. Chiffre d’affaires mensuel atteint 2 500 €.

Revenu net estimé après ACRE la 1ère année :

  • 2 500 € (CA mensuel micro-entreprise)
  • − 300 € (cotisations sociales réduites ACRE)
  • = 2 200 € net mensuel

Décision de Sophie :

  • Revenu entrepreneurial > ancien salaire net (1 950 €)
  • = démission notifiée par LRAR 3 mois avant fin du congé

⚠️ Information importante : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision.

Questions fréquentes

Quelle est la durée du congé pour création d’entreprise ?

La durée initiale du congé création d’entreprise est de 1 an maximum, renouvelable une fois pour une durée équivalente, soit 2 ans au total (article L. 3142-105 du Code du travail). Vous fixez librement la durée dans votre demande écrite, dans cette limite. Un accord d’entreprise ou de branche peut prévoir des modalités différentes. Le renouvellement doit être demandé par lettre recommandée avec accusé de réception au moins 2 mois avant l’échéance initiale du congé. À défaut de renouvellement, le salarié doit soit réintégrer son poste, soit démissionner en respectant le préavis d’information de 3 mois.

Puis-je créer mon entreprise tout en restant salarié ?

Oui, vous pouvez créer une entreprise tout en restant salarié à condition de respecter deux règles : votre contrat de travail ne doit pas contenir de clause d’exclusivité valablement stipulée, et votre nouvelle activité ne doit pas être concurrente de celle de votre employeur (obligation de loyauté). En pratique, le cumul est fréquent en micro-entreprise et permet de tester le projet sans quitter le salariat. Si vous voulez ensuite dédier plus de temps à votre projet, vous pouvez opter pour un temps partiel pour création d’entreprise ou pour un congé création complet.

Comment quitter un CDI pour une création d’entreprise ?

Trois voies principales existent : la démission classique (préavis à respecter, pas de droit ARE en principe), la rupture conventionnelle (indemnité + droits chômage), ou le congé création d’entreprise (contrat suspendu, retour possible). La rupture conventionnelle est souvent la plus intéressante financièrement grâce à l’ouverture des droits ARE, précieux pour financer les premiers mois d’activité. Le congé création est la voie la plus sécurisante juridiquement puisqu’il préserve un retour possible en cas d’échec du projet. Le choix dépend de votre trésorerie, de la maturité du projet et de votre besoin de sécurité.

Le congé pour création d’entreprise est-il rémunéré ?

Non, le congé création d’entreprise est non rémunéré par l’employeur. Aucune indemnité n’est due pendant la période de suspension du contrat. Vous ne percevez pas non plus d’allocation chômage automatique, sauf droits antérieurs éventuellement mobilisables. Pour anticiper, la plupart des salariés créateurs constituent une épargne de 12 à 18 mois de charges fixes personnelles, s’appuient sur les revenus de leur nouvelle activité, ou activent des dispositifs comme l’ACRE (exonération partielle de cotisations sociales la première année). Le passage à temps partiel pour création d’entreprise est une alternative qui maintient une part de rémunération salariale.

Mon employeur peut-il refuser ma demande de congé création d’entreprise ?

Le refus n’est possible que dans les entreprises de moins de 300 salariés et pour un seul motif : le préjudice à la bonne marche de l’entreprise (article L. 3142-113 du Code du travail). Le refus doit être notifié par LRAR dans les 30 jours suivant la demande et motivé de façon précise. Dans les entreprises de 300 salariés et plus, l’employeur peut seulement reporter le départ dans la limite de 6 mois, jamais refuser. En cas de refus contesté, vous disposez de 15 jours pour saisir le conseil de prud’hommes selon une procédure accélérée. Le juge apprécie la réalité du préjudice invoqué.

Comment puis-je prendre un congé sabbatique pour créer mon entreprise ?

Le congé sabbatique (article L. 3142-28 du Code du

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Lucile DELIGNNE

Journaliste juridique et fondatrice de Conseil Avocat Gratuit, Lucile Delignne vulgarise le droit depuis plus de 10 ans. Elle couvre le droit du travail, le droit immobilier et la protection du consommateur, avec une obsession : que chacun comprenne ses droits sans avoir besoin d’un dictionnaire juridique.

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