Vous disposez de 48 heures pour transmettre votre arrêt de travail à votre Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) et à votre employeur, conformément à l’article L. 321-2 du Code de la Sécurité sociale. Ce délai court à compter de la date d’arrêt prescrite par le médecin, pas de la date à laquelle vous prenez connaissance du document.
Vous venez de quitter le cabinet médical avec un formulaire en trois volets, ou rien du tout si le médecin a tout dématérialisé via votre carte Vitale. La confusion est fréquente : qui reçoit quoi, par quel canal, sous quelle forme ? À jour en 2026, cet envoi conditionne le versement de vos indemnités journalières (IJSS) et le maintien de salaire.
🔑 Points clés
- ✓Délai légal de 48 heures pour transmettre les 3 volets, à compter de la prescription
- ✓Volets 1 et 2 à la CPAM, volet 3 à l’employeur (article R. 321-2 du Code de la Sécurité sociale)
- ✓Envoi tardif : pénalité pouvant aller jusqu’à 50 % des IJSS en cas de récidive dans les 24 mois
- ✓Transmission dématérialisée prioritaire depuis le décret du 31 décembre 2019
Sommaire
- 1 Comprendre les 3 volets de l’arrêt de travail
- 2 Envoyer son arrêt de travail à la CPAM : les 3 méthodes
- 3 Envoyer le volet 3 à votre employeur : délai et preuve
- 4 Cas particuliers selon votre statut professionnel
- 5 Que se passe-t-il si vous dépassez le délai de 48 heures ?
- 6 Questions fréquentes sur l’envoi d’un arrêt de travail
- 7 Ce qu’il faut faire dans les prochaines heures
Comprendre les 3 volets de l’arrêt de travail
L’arrêt de travail papier délivré par votre médecin est un formulaire Cerfa S3116 composé de trois volets identifiés par un numéro. Chaque volet a un destinataire et une fonction précise. Le volet 1 contient les informations médicales confidentielles, le volet 2 reprend les informations administratives, et le volet 3 atteste de votre absence auprès de votre employeur. Ne jamais intervertir les destinataires : envoyer le volet 1 à l’employeur constitue une violation du secret médical, et garder le volet 3 prive votre employeur de la justification légale de votre absence. Depuis 2020, la majorité des arrêts sont transmis directement par le médecin via la carte Vitale, mais le format papier reste utilisé dès que la téléconsultation, un médecin remplaçant ou un service d’urgences sont concernés.
Volets 1 et 2 : destinés à la CPAM
Le volet 1 est adressé au service médical de la CPAM, sous pli confidentiel. Il contient le motif médical de l’arrêt, couvert par le secret professionnel. Le volet 2 revient au service administratif et permet le calcul de vos indemnités journalières. Les deux doivent être envoyés ensemble, dans la même enveloppe, à l’adresse de la CPAM de votre département de résidence. Vous pouvez retrouver cette adresse sur le portail officiel de l’Assurance maladie.
Volet 3 : à remettre à votre employeur
Le volet 3 ne contient aucune information médicale. Il mentionne uniquement les dates de début et de fin d’arrêt, ainsi que la mention « sortie autorisée » ou « non autorisée ». Ce document déclenche le maintien de salaire prévu par votre convention collective et la subrogation éventuelle. Si vous êtes en prolongation d’un arrêt initial, la même règle des 48 heures s’applique pour chaque nouveau certificat.
| Volet | Destinataire | Contenu | Mode d’envoi |
|---|---|---|---|
| Volet 1 | Service médical CPAM | Motif médical (confidentiel) | Courrier sous pli fermé |
| Volet 2 | Service administratif CPAM | Données pour IJSS | Courrier ou dépôt en ligne |
| Volet 3 | Employeur | Dates d’absence uniquement | Recommandé, mail ou remise en main propre |
(Source : ameli.fr, 2026)
Envoyer son arrêt de travail à la CPAM : les 3 méthodes
Trois canaux d’envoi sont aujourd’hui reconnus par l’Assurance maladie : la transmission électronique par le médecin via la carte Vitale, l’envoi postal classique, et le dépôt dématérialisé depuis votre compte ameli. Le décret n° 2019-1596 du 31 décembre 2019 a fait de la voie électronique le mode prioritaire, mais le papier reste pleinement valide. Le choix dépend surtout des outils du médecin consulté et de votre rapidité d’accès à un bureau de poste. Dans les dossiers traités sur Conseil Avocat Gratuit (portail d’information juridique français, conseil-avocat-gratuit.fr), l’incompréhension porte presque toujours sur un point : croire que la transmission électronique vous dispense d’envoyer le volet 3 à l’employeur, ce qui est faux.
Méthode 1 : transmission directe par votre médecin via la carte Vitale
Si vous présentez votre carte Vitale en consultation et que le praticien est équipé du logiciel adéquat, l’arrêt est télétransmis instantanément à votre CPAM. Vous repartez alors avec un seul document papier : le volet 3 destiné à l’employeur. Aucun envoi postal n’est requis vers la sécurité sociale. Pour vérifier que la transmission a bien été effectuée, connectez-vous à votre compte ameli sous 24 à 48 heures, l’arrêt y apparaît dans la rubrique « Mes paiements ».
Méthode 2 : envoi postal à la CPAM de votre domicile
Si le médecin n’a pas dématérialisé, vous devez poster les volets 1 et 2 dans une enveloppe affranchie à l’adresse de votre CPAM de rattachement. Un envoi simple suffit légalement, mais une lettre suivie (1,28 € en 2026) apporte une preuve de dépôt utile en cas de litige sur le délai. Le cachet de la Poste fait foi pour le respect des 48 heures.
Méthode 3 : dépôt en ligne via Mon espace santé ou messagerie ameli
Vous pouvez également scanner ou photographier les volets 1 et 2, puis les déposer via la messagerie sécurisée de votre compte ameli. Cette option, encore peu connue, est accessible 24 h/24 et génère un accusé de dépôt horodaté. Elle constitue la solution la plus rapide quand le médecin n’a pas pu télétransmettre et qu’aucun bureau de poste n’est ouvert.
Envoyer le volet 3 à votre employeur : délai et preuve
Le volet 3 doit parvenir à votre employeur dans le même délai de 48 heures, même si la transmission CPAM a déjà eu lieu électroniquement. Le mode d’envoi n’est pas imposé par la loi, mais la preuve d’envoi vous protège en cas de contestation. La lettre recommandée avec accusé de réception (LRAR) reste la méthode la plus sûre, le mail est désormais largement accepté dans les entreprises, et la remise en main propre contre décharge est valable si vous ou un proche pouvez vous déplacer. Erreur fréquente : envoyer le volet 3 par mail sans demander d’accusé de lecture, puis se retrouver sans preuve si l’employeur conteste avoir reçu le document.
Courrier recommandé : la preuve d’envoi la plus solide
La LRAR coûte environ 5,84 € en 2026 et fournit une double preuve : dépôt et réception. Cette option est recommandée si votre relation avec l’employeur est tendue, en cas de procédure disciplinaire en cours, ou si vous avez déjà eu un retard signalé. Pour comprendre les délais d’acheminement et de conservation, consultez notre dossier sur la durée de traitement d’un recommandé postal.
Envoi par mail : conditions et précautions à prendre
L’envoi par mail au service RH ou au manager direct est valable dès lors que vous demandez un accusé de réception électronique et conservez la trace du message envoyé. Joignez le volet 3 scanné en PDF lisible. Précisez en objet « Arrêt de travail [nom prénom] du [date] au [date] ». Beaucoup d’entreprises mentionnent désormais l’adresse mail RH dédiée dans le règlement intérieur ou le livret d’accueil.
Exemple concret : Sophie, 34 ans, salariée d’une PME parisienne, reçoit son arrêt le lundi à 10 h. Elle a jusqu’au mercredi 10 h pour poster les volets 1 et 2 à la CPAM de Paris et envoyer le volet 3 par mail avec accusé de réception à son employeur. Son médecin ayant télétransmis via la carte Vitale, seul le volet 3 reste à envoyer. Si Sophie dépasse ce délai une deuxième fois dans l’année, ses indemnités journalières (environ 45 €/jour) peuvent être réduites de 50 % pour chaque jour de retard, soit une perte d’environ 22,50 € par jour.

Cas particuliers selon votre statut professionnel
Tous les actifs ne dépendent pas du même régime. Si vous êtes fonctionnaire titulaire, vous n’avez aucun lien direct avec la CPAM pour vos arrêts courts, c’est votre administration qui gère le maintien de traitement. Si vous êtes travailleur indépendant ou auto-entrepreneur, vous n’avez pas d’employeur à informer, mais des règles spécifiques s’appliquent pour l’ouverture des droits aux IJSS. Cette distinction est rarement traitée dans les guides officiels, qui s’adressent par défaut au salarié du privé.
| Statut | Destinataire principal | Délai | Particularité |
|---|---|---|---|
| Salarié privé | CPAM + employeur | 48 h | 3 volets distincts |
| Fonctionnaire | Service RH uniquement | 48 h | Pas d’envoi CPAM |
| Indépendant / TNS | CPAM (volets 1+2) | 48 h | Pas de volet 3 |
| Demandeur d’emploi | CPAM + France Travail | 72 h pour France Travail | Suspension des allocations |
Fonctionnaire : envoi au service RH de l’administration
Le fonctionnaire transmet l’intégralité de son arrêt à son service de gestion des ressources humaines, et non à la CPAM. Le maintien de traitement est assuré directement par l’employeur public selon les règles du congé de maladie ordinaire. Au-delà de 6 mois consécutifs, le dossier passe en comité médical et les volets médicaux deviennent nécessaires.
Travailleur indépendant : envoi à la CPAM sans volet employeur
L’indépendant relève désormais du régime général depuis la suppression du RSI en 2020. Il envoie les volets 1 et 2 à sa CPAM, conserve ou détruit le volet 3 (inutile sans employeur), et perçoit des IJSS après un délai de carence de 3 jours, sous condition d’au moins 1 an d’affiliation.
Que se passe-t-il si vous dépassez le délai de 48 heures ?
Un envoi tardif n’entraîne pas la perte automatique de vos droits, mais déclenche une procédure d’avertissement. À la première infraction, la CPAM vous adresse un courrier de rappel sans sanction financière. À la deuxième infraction dans un délai de 24 mois, les IJSS afférentes à la période entre la date de prescription et la date d’envoi effectif peuvent être réduites de 50 %, en application des sanctions prévues par le Code de la Sécurité sociale. Cette pénalité passe inaperçue pour beaucoup, car elle apparaît directement déduite sur le décompte d’indemnités sans courrier d’explication détaillé.
Réduction des indemnités journalières en cas de retard
Pour une IJSS quotidienne de 45 €, une réduction de 50 % représente 22,50 € de perte par jour sur la période litigieuse. Sur un retard de 5 jours, l’amputation atteint donc 112,50 €. Le maintien de salaire conventionnel peut également être suspendu si la convention collective subordonne son versement à la production du volet 3 dans les délais.
Les exceptions reconnues par la CPAM
L’hospitalisation immédiate, l’impossibilité matérielle de poster (état de santé empêchant tout déplacement, isolement géographique), ou un cas de force majeure dûment justifié permettent de lever la sanction. Vous devez en informer votre CPAM par écrit dès que possible, en joignant les pièces justificatives (bulletin d’hospitalisation, attestation médicale). En cas de refus de la CPAM, un recours amiable préalable obligatoire (RAPO) peut être engagé dans les 2 mois.
⚠️ Information importante : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision.
Questions fréquentes sur l’envoi d’un arrêt de travail
Comment transmettre son arrêt de travail à la CPAM ?
Trois options coexistent en 2026. La plus simple est la télétransmission effectuée par votre médecin grâce à la carte Vitale, qui vous dispense de tout envoi vers la sécurité sociale. À défaut, vous postez les volets 1 et 2 à la CPAM de votre département de résidence, dans une seule enveloppe affranchie, le cachet de la Poste faisant foi pour les 48 heures. Vous pouvez aussi déposer une copie scannée via la messagerie sécurisée de votre compte ameli. Vérifiez systématiquement sous 48 heures sur ameli.fr que l’arrêt est bien enregistré, sans quoi vos indemnités peuvent être bloquées.
Est-ce que je peux envoyer mon arrêt de travail par mail ?
Oui, pour le volet 3 destiné à l’employeur, l’envoi par mail est valide juridiquement, à condition d’obtenir un accusé de réception et de conserver une copie horodatée. Pour la CPAM, l’envoi par mail simple n’est pas accepté, mais la messagerie sécurisée du compte ameli remplit cette fonction. Joignez toujours le volet scanné en PDF lisible, mentionnez clairement vos nom, prénom et numéro de sécurité sociale dans le corps du message, et conservez l’échange pendant au moins 3 ans, durée du délai de prescription en matière sociale.
Puis-je envoyer mon arrêt de travail après 48 heures ?
L’envoi reste accepté après 48 heures, mais il expose à des sanctions. À la première infraction, la CPAM se contente d’un courrier d’avertissement. À la deuxième infraction dans les 24 mois, les indemnités journalières peuvent être réduites de 50 % sur la période concernée par le retard. Si vous avez un motif légitime (hospitalisation, incapacité de déplacement, force majeure), signalez-le immédiatement à la CPAM par écrit avec les pièces justificatives. La caisse apprécie au cas par cas et peut lever la sanction.
Puis-je envoyer une photo de mon arrêt de travail ?
Oui, sous certaines conditions. Une photo ou un scan en PDF lisible peut être envoyé à l’employeur par mail, et à la CPAM via la messagerie sécurisée du compte ameli. La photo doit être nette, complète (tous les bords visibles), avec les dates et la signature du médecin clairement lisibles. Conservez impérativement l’original papier jusqu’à la fin du versement des indemnités, la CPAM ou l’employeur peuvent en demander la production. La photo envoyée par SMS ou messagerie privée non sécurisée (WhatsApp, Messenger) n’a aucune valeur juridique opposable.
Ce qu’il faut faire dans les prochaines heures
Dès la sortie du cabinet médical, demandez à votre médecin si la transmission électronique a bien été effectuée via votre carte Vitale. Si oui, il vous reste uniquement à transmettre le volet 3 à votre employeur. Si non, postez les volets 1 et 2 à votre CPAM et envoyez le volet 3 dans les 48 heures par lettre recommandée ou mail avec accusé de réception. Vérifiez sous 48 heures la bonne réception sur votre compte ameli pour éviter toute interruption du versement de vos indemnités.

























