Le mi-temps thérapeutique fonction publique, appelé officiellement temps partiel pour raison thérapeutique (TPRT), permet à un agent public de reprendre son travail à temps réduit tout en conservant l’intégralité de son traitement indiciaire (article L. 822-7 du Code général de la fonction publique). Vous sortez d’un arrêt maladie et votre médecin vous recommande une reprise progressive : ce dispositif est fait pour vous, à condition de respecter une procédure précise et de connaître ses limites. Les règles présentées ici sont à jour au 10 juillet 2026 et couvrent les trois versants (État, territorial, hospitalier).
🔑 Points clés
- ✓Le TPRT permet de travailler entre 50 % et 90 % tout en percevant 100 % du traitement indiciaire.
- ✓Durée maximale : 12 mois par affection, en périodes de 1 à 3 mois renouvelables.
- ✓La demande repose sur un certificat du médecin traitant, sans avis préalable obligatoire du comité médical depuis la loi du 6 août 2019.
- ✓Les droits à retraite sont maintenus comme un temps plein, un avantage majeur par rapport au secteur privé.
Sommaire
- 1 Qu’est-ce que le mi-temps thérapeutique dans la fonction publique ?
- 2 Conditions pour obtenir un temps partiel thérapeutique
- 3 Durée et renouvellement du mi-temps thérapeutique
- 4 Rémunération du fonctionnaire en mi-temps thérapeutique
- 5 Démarches pour demander un mi-temps thérapeutique
- 6 Avantages et pièges à connaître avant de se lancer
- 7 Questions fréquentes
- 8 Vos prochaines étapes concrètes
Qu’est-ce que le mi-temps thérapeutique dans la fonction publique ?
Le temps partiel pour raison thérapeutique est un dispositif statutaire permettant à un agent public de reprendre ou de poursuivre son activité à temps réduit après une altération de sa santé, tout en conservant sa rémunération à taux plein. Il est régi par l’article L. 822-7 du Code général de la fonction publique, entré en vigueur en 2022, qui a unifié les règles des trois versants. À la différence du secteur privé, où le salarié reçoit un salaire réduit au prorata complété par des indemnités journalières, le fonctionnaire en TPRT continue de toucher l’intégralité de son traitement indiciaire. Cette particularité, rarement connue des intéressés, constitue une protection statutaire forte pour l’agent qui reprend progressivement.

Définition et cadre juridique
Le TPRT succède à l’ancien mi-temps thérapeutique, dont il conserve le principe mais élargit les modalités. L’agent peut désormais exercer entre 50 % et 90 % d’un temps plein, et non uniquement à 50 %. Le cadre légal repose sur trois lois statutaires : la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 pour la fonction publique de l’État, la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 pour la territoriale, et la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 pour l’hospitalière (article 41-1). Le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 encadre l’intervention des médecins agréés. Depuis la loi de transformation de la fonction publique du 6 août 2019, l’accès est simplifié : plus besoin d’un avis préalable du comité médical dans la majorité des cas.
Qui peut en bénéficier : titulaires, stagiaires et contractuels
Le dispositif s’adresse à tous les agents publics, mais les règles diffèrent selon le statut. Les fonctionnaires titulaires et stagiaires relèvent directement du CGFP et perçoivent leur traitement à 100 %. Les contractuels de droit public justifiant d’au moins 1 an d’ancienneté bénéficient également du TPRT, mais leur indemnisation dépend en partie de la CPAM (indemnités journalières complétées par l’employeur). Sur les demandes reçues sur ce sujet, la confusion titulaire/contractuel est l’erreur la plus fréquente : un contractuel sans ancienneté suffisante ne peut pas prétendre au dispositif et devra passer par un temps partiel classique.
Cas concret : Sophie, 42 ans, infirmière titulaire dans un centre hospitalier de Nantes, en arrêt pour burn-out depuis 4 mois. Son traitement brut mensuel s’élève à 2 400 €. Après validation, elle reprend à 60 % pendant 3 mois renouvelables et continue de percevoir 2 400 € brut, contre 1 440 € si elle relevait du régime général.
Conditions pour obtenir un temps partiel thérapeutique
Pour bénéficier du temps partiel thérapeutique fonction publique, deux conditions cumulatives doivent être remplies : la reprise à temps partiel doit favoriser l’amélioration de l’état de santé de l’agent, ou l’agent doit devoir suivre une rééducation ou une réadaptation professionnelle pour retrouver un emploi compatible avec sa santé (article L. 822-7 du CGFP). Aucune durée minimale d’arrêt maladie préalable n’est exigée depuis la réforme de 2019, ce qui a simplifié l’accès au dispositif. La demande peut donc être formulée dès qu’un besoin médical est identifié, y compris sans avoir été préalablement en congé de maladie.
Types de congés maladie donnant accès au dispositif
Le TPRT peut être sollicité après plusieurs types d’absences ou même sans arrêt préalable. Les situations les plus fréquentes en pratique sont :
- Reprise après un congé de maladie ordinaire (CMO), quelle que soit sa durée
- Reprise après un congé de longue maladie (CLM) de 3 ans maximum
- Retour d’un congé de longue durée pouvant atteindre 5 ans
- Suites d’un congé pour invalidité temporaire imputable au service (CITIS)
- Situation médicale nouvelle, sans arrêt préalable, justifiée par un certificat médical
Rôle du médecin agréé et du comité médical
Depuis 2019, la procédure est allégée. La demande initiale repose sur un certificat du médecin traitant précisant la quotité de travail recommandée et la durée envisagée. L’administration peut néanmoins solliciter un contrôle par un médecin agréé en cas de doute sur la réalité médicale ou pour un renouvellement. Le conseil médical (nouvelle dénomination du comité médical depuis 2022) n’intervient qu’en cas de désaccord entre le médecin traitant et le médecin agréé, ou pour les situations complexes après épuisement des droits à CLM ou CLD.
Durée et renouvellement du mi-temps thérapeutique
Le TPRT est accordé pour des périodes de 1 à 3 mois, renouvelables dans la limite d’un plafond total de 12 mois par affection sur l’ensemble de la carrière (article L. 822-7 du CGFP). Ces 12 mois peuvent être continus ou discontinus, ce qui permet d’adapter le dispositif à l’évolution de la pathologie. À l’issue de ce plafond, l’agent ne peut plus bénéficier du TPRT pour la même affection, mais un nouveau cycle de 12 mois devient possible si une pathologie différente survient. Cette règle des 12 mois par affection est la plus mal comprise en pratique.
Durée initiale et modalités de renouvellement
La première période est généralement fixée à 3 mois, durée jugée pertinente par la plupart des médecins traitants pour évaluer les effets d’une reprise progressive. Le renouvellement se demande 15 jours avant le terme de la période en cours, avec un nouveau certificat médical justifiant la poursuite du dispositif. La quotité de travail peut être modifiée à chaque renouvellement, par exemple passer de 50 % à 70 % puis 90 % pour préparer un retour à temps plein. En pratique, les administrations acceptent quasi systématiquement les renouvellements tant que le plafond de 12 mois n’est pas atteint et que le certificat médical est cohérent.
Que se passe-t-il au terme des 12 mois ?
Trois scénarios se présentent à l’issue des 12 mois. Premièrement, l’agent reprend à temps plein si son état de santé le permet. Deuxièmement, il bascule vers un temps partiel de droit commun (à sa demande, avec rémunération proratisée). Troisièmement, si la reprise est impossible, une mise en disponibilité d’office pour raison de santé ou une procédure d’inaptitude peut être engagée. Erreur fréquente : croire que le TPRT peut être prolongé sans limite. Le plafond de 12 mois par affection est strict et son dépassement expose à un refus automatique.
Rémunération du fonctionnaire en mi-temps thérapeutique
C’est le point qui distingue radicalement le TPRT du mi-temps thérapeutique du secteur privé : le fonctionnaire titulaire perçoit 100 % de son traitement indiciaire brut, quelle que soit sa quotité de travail (50 %, 60 %, 70 %, 80 % ou 90 %). Sont maintenus intégralement le traitement de base, l’indemnité de résidence et le supplément familial de traitement (SFT). Cette règle, posée par l’article L. 822-7 du CGFP et confirmée par la doctrine officielle sur le temps partiel thérapeutique, protège la stabilité financière de l’agent pendant sa convalescence.
Traitement maintenu à 100 % : ce que cela inclut exactement
Le maintien de la rémunération concerne les éléments statutaires attachés au grade et à l’échelon. Concrètement, sont préservés à taux plein le traitement indiciaire brut, l’indemnité de résidence (variable selon la zone géographique), le supplément familial de traitement si l’agent a des enfants à charge, et la nouvelle bonification indiciaire (NBI) si l’agent l’occupait avant son arrêt. La garantie individuelle du pouvoir d’achat (GIPA) reste également due si les conditions sont remplies.
Exemple concret : Sophie, infirmière titulaire, reprend à 60 % après un burn-out. Voici sa fiche de paie reconstituée pour un mois complet en TPRT.
Rémunération brute mensuelle maintenue :
- 2 250 € (traitement indiciaire brut)
- + 67 € (indemnité de résidence, zone 2)
- + 83 € (SFT pour 2 enfants)
- = 2 400 € brut mensuel
Comparaison avec le régime général (privé) :
- 2 400 € × 60 % = 1 440 € (salaire proratisé)
- + IJSS partielles CPAM (variable, environ 400 à 600 €)
- = écart de 350 à 500 € en faveur du fonctionnaire
Primes et indemnités : ce qui est maintenu ou réduit
Les primes liées à l’exercice effectif des fonctions peuvent être proratisées selon la quotité travaillée. C’est notamment le cas des primes de sujétions, des heures supplémentaires (par nature impossibles à percevoir en TPRT), des astreintes et des indemnités liées à des contraintes horaires. En revanche, les primes forfaitaires attachées au grade (comme l’IFSE, indemnité de fonctions, de sujétions et d’expertise dans le cadre du RIFSEEP) sont généralement maintenues intégralement. La règle applicable dépend de la délibération de la collectivité ou de l’arrêté ministériel de référence.
| Élément de rémunération | Titulaire en TPRT | Contractuel en TPRT |
|---|---|---|
| Traitement de base | 100 % maintenu | Proratisé + IJSS CPAM |
| Indemnité de résidence | 100 % maintenue | 100 % maintenue |
| SFT | 100 % maintenu | 100 % maintenu |
| IFSE / RIFSEEP | Généralement 100 % | Selon contrat |
| Primes de sujétion / astreintes | Proratisées | Proratisées |
| Heures supplémentaires | Non applicables | Non applicables |
| Cotisations retraite | CNRACL / RAFP à taux plein | Ircantec proratisée |
(Source : legifrance.gouv.fr et fonction-publique.gouv.fr, 2026)
Cas des agents contractuels : une logique différente
Pour les agents contractuels de droit public, le mécanisme est hybride. L’employeur verse un traitement proratisé selon la quotité travaillée, et la CPAM complète par des indemnités journalières calculées comme dans le secteur privé. L’employeur public peut ensuite verser un complément pour atteindre le plein traitement, mais ce n’est pas systématique et cela dépend des conventions collectives applicables ou du contrat individuel. En pratique, un contractuel gagne moins qu’un titulaire à situation équivalente pendant son TPRT, une inégalité qui reste vivement critiquée mais qui découle du statut hybride des contractuels.
Démarches pour demander un mi-temps thérapeutique
La demande de mi-temps thérapeutique s’effectue par un courrier écrit adressé à l’autorité hiérarchique (chef de service, directeur des ressources humaines, maire ou président de collectivité), accompagné d’un certificat médical circonstancié du médecin traitant. Comme le rappelle la fiche officielle un fonctionnaire peut bénéficier d’un TPRT sous conditions, la demande doit préciser la quotité de travail souhaitée (entre 50 % et 90 %) et la durée envisagée (de 1 à 3 mois). L’administration doit répondre dans un délai raisonnable, d’environ 15 jours à 1 mois selon les pratiques locales.
Pièces à constituer pour le dossier
- ☐Certificat médical du médecin traitant précisant la quotité recommandée et la durée
- ☐Lettre de demande adressée à l’autorité hiérarchique, avec quotité et date de reprise souhaitée
- ☐Formulaire spécifique fourni par le service RH ou le Centre de Gestion (CDG)
- ☐Copie du dernier arrêt de travail ou du dernier bulletin de salaire
- ☐Pour un renouvellement : nouveau certificat médical justifiant la poursuite du dispositif
Déroulement de l’instruction par l’employeur public
Une fois le dossier réceptionné, l’administration examine la demande. Dans la majorité des cas, elle est acceptée sur la base du certificat médical sans expertise complémentaire. Toutefois, l’employeur peut solliciter un médecin agréé pour vérifier la pertinence médicale, particulièrement lors des renouvellements ou en cas de doute. En cas de désaccord, le conseil médical peut être saisi. L’agent est ensuite informé par un arrêté fixant la quotité travaillée, la période et l’organisation hebdomadaire. Erreur fréquente : négliger de convenir précisément de la répartition horaire hebdomadaire avec le service, ce qui génère des tensions au retour.
Avantages et pièges à connaître avant de se lancer
Le temps partiel thérapeutique est un dispositif protecteur, mais il n’est pas sans contreparties ni pièges. Sur les dossiers observés à la rédaction de Conseil Avocat Gratuit, portail d’information juridique indépendant, les agents qui basculent en TPRT sans préparation rencontrent trois difficultés récurrentes : sous-estimation de la charge résiduelle malgré la quotité réduite, incompréhension avec la hiérarchie sur le périmètre des missions, et méconnaissance de la règle des 12 mois par affection. Anticiper ces points évite bien des désillusions au bout de quelques semaines de reprise.
Les avantages : rémunération pleine et protection statutaire
Le premier avantage est financier : 100 % du traitement pour un temps de travail réduit, ce qui n’existe dans aucun autre dispositif. Deuxièmement, les cotisations retraite CNRACL (Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales) et RAFP (retraite additionnelle) sont maintenues sur la base d’un temps plein, contrairement à un temps partiel classique. Cela signifie qu’une année en TPRT compte comme une année pleine pour la retraite, un point qui échappe encore à beaucoup d’agents. Enfin, l’agent conserve tous ses droits statutaires : avancement, congés annuels, formation, primes forfaitaires.
Les points de vigilance : retraite, refus possible, fin anticipée
Trois pièges méritent attention. D’abord, la fin anticipée : l’administration peut interrompre le TPRT après avis médical si l’état de santé le justifie, ce qui bascule l’agent en congé maladie ou en reprise à temps plein selon les cas. Ensuite, le refus de l’administration reste possible, notamment si le poste est jugé incompatible avec un temps réduit. Un refus doit être motivé et peut être contesté devant le juge administratif dans un délai de 2 mois. Enfin, si la reprise ne s’améliore pas, l’agent peut se voir orienter vers une procédure de reconnaissance d’inaptitude professionnelle, avec les conséquences statutaires que cela implique.
⚠️ Information importante : Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un conseil juridique. Consultez un professionnel qualifié avant toute décision.
Questions fréquentes
Comment se passe le mi-temps thérapeutique dans la fonction publique ?
Le TPRT commence par une demande écrite adressée à l’autorité hiérarchique, accompagnée d’un certificat du médecin traitant précisant la quotité et la durée souhaitée (entre 50 % et 90 %, pour 1 à 3 mois). L’administration examine la demande, éventuellement après avis d’un médecin agréé, puis notifie sa décision par arrêté. L’agent reprend le travail à temps réduit tout en percevant l’intégralité de son traitement. La période est renouvelable dans la limite de 12 mois par affection. À la fin, l’agent reprend à temps plein, bascule sur un temps partiel classique ou entre dans une autre procédure statutaire selon son état de santé.
Comment est rémunéré un mi-temps thérapeutique dans la fonction publique ?
Un fonctionnaire titulaire en TPRT perçoit 100 % de son traitement indiciaire brut, incluant l’indemnité de résidence et le supplément familial de traitement, quelle que soit la quotité travaillée (article L. 822-7 du CGFP). Les primes forfaitaires liées au grade sont généralement maintenues, tandis que les primes liées à l’exercice effectif (astreintes, sujétions horaires) sont proratisées. Les contractuels de droit public perçoivent un traitement proratisé complété par des indemnités journalières de la CPAM. Cotisations retraite et droits à avancement sont maintenus comme en temps plein pour les titulaires.
Quelle est la rémunération d’un fonctionnaire en mi-temps thérapeutique ?
La rémunération correspond à 100 % du traitement indiciaire brut habituel, sans proratisation selon la quotité de travail. Concrètement, un agent dont le traitement plein s’élève à 2 400 € brut mensuel continue de percevoir 2 400 € même s’il travaille à 50 % ou 60 %. À cela s’ajoutent les primes forfaitaires maintenues (IFSE, NBI le cas échéant) et les éléments familiaux (SFT). Seules les primes liées à un service effectif réduit (heures supplémentaires, astreintes non effectuées) sont diminuées. Cette règle rend le TPRT nettement plus avantageux que le mi-temps thérapeutique du secteur privé, où la rémunération est proratisée.
Quels sont les inconvénients d’un mi-temps thérapeutique ?
Le principal inconvénient est la limite de 12 mois par affection sur toute la carrière, au-delà de laquelle aucune prolongation n’est possible pour la même pathologie. L’agent doit aussi accepter une charge de travail parfois mal ajustée à la quotité, certains services peinant à réorganiser les missions. Le TPRT peut être interrompu unilatéralement par l’administration après avis médical défavorable. Les primes liées à l’activité effective (astreintes, heures supplémentaires) sont perdues ou réduites. Enfin, un refus de l’administration reste juridiquement possible s’il est motivé, obligeant l’agent à un recours contentieux dans un délai de 2 mois.
Vos prochaines étapes concrètes
Constituez votre dossier dès réception du certificat médical de votre médecin traitant : lettre de demande précisant la quotité et la durée, certificat médical circonstancié, et formulaire propre à votre versant. Contactez votre service RH ou votre Centre de Gestion (CDG) pour obtenir le modèle adapté à votre situation (État, territoriale ou hospitalière). Anticipez la répartition hebdomadaire avec votre chef de service pour éviter les malentendus au retour. Si votre demande est refusée ou interrompue de manière contestable, vous disposez de 2 mois pour saisir le tribunal administratif, éventuellement avec l’appui de l’aide juridictionnelle si vos ressources le permettent.